24.06.2009
mouetterie urbaine
Aujourd'hui, nous allons faire une petite incursion au bord de la nature.
C'est un sujet grandement sérieux qui n'autorise pas de s'égarer en calembours doux-teuh. A Melbourne, comme dans les autres bleds que j'ai fréquenté auparavant, on trouve la nature partout et son univers zimpitoya-able.
Un des avatars particulier de la nature dont je voudrais plus particulièrement parler est tout en bas de l'échelle sociale du vivant, enfin juste au dessus de l'algue unicellulaire, je parle du pigeon. Et bien sur de sa cousine proche, la mouette melbourgienne que nous avons déjà rapidement évoqué.
En fait, sur le pigeon, rien de spécial à dire. Tout le monde, enfant, a pris plaisir à nourrir des pigeons, oiseaux pas farouche au ramage d'un gris chatoyamment terne. Et tout adulte a maudit les enfants qui nourrissent les pigeons en pensant à la peinture de la voiture, au le nettoyage du balcon de 0.5m², à la faim dans le monde (pas beaucoup), à la grippe (encore moins), et à Carla en 206 ( beaucoup trop).
Non, comme le but des voyages qui forment la jeunesse est de voir du neuf, alors je voulais à tout prix revenir sur cette autre drôle d'invention de le bondieu, la mouette australe. Ou scopuline pour les spécialistes qui, je le sais, me lisent en grand nombre et sont aux aguets de nouvelles connaissances ornithologique, pigeonnesques et mouettalles (mouette qui est de la même racine que mauviette et qui vient du normand, apprends-je sur gogueule. Aujourd'hui, en Normandie, mouette se dit desormais goeland et mauviette se dit gros gland).
Mais je m'égare et m'envole vers d'autres cieux.
Reviendons à nos pigeons.
Hier, en savourant ma pitance méritée de mammifère supérieur affamé ; à savoir un hamburger (complet, supplément moutarde de Dijon) accompagnée d'une frite mayonnaise, le tout en terrasse pour braver tous les dangers de cette nature zimptoya-able, hier donc une mouette se pose sur ma table. Pas de problèmes, les voyages qui déjà forment la jeunesse poussent aussi aux rencontres. Une bonne occasion de briser un malentendu naissant entre nous après le relookage de mon bolide façon constellation du dalmatien.
Donc nous voilà tous deux attablés.Pas grande la table, tout au plus deux mètre de long. Moi, siégeant fièrement au milieu, tel un chasseur dominant son territoire. Elle , timidement au bout, me regarde avec son bec rouge et son oeil torve. Je sens dès ce premier contact que tout potentiel de franche camaraderie tombe à l'eau. Ce qui n'est pas un probème pour elle. Ni pour moi d'ailleurs, elles ont tendance à toujours brailler.
Elle me jauge, debout sur la table.
D'accord, elle veut jouer. Petit combat de regard. Oeil dans les yeux, on se toise, je picore une frite dans le bol pour la narguer. Elle crie un coup, ses copines lui réponde, je sens que le combat va être difficile.
La pression monte.
je sais très bien ce qu'elle veut, et elle sait que je sais. Mais sait -elle que je sais qu'elle sait que je sais? ( ce n'est qu'une mouette après tous) nul ne le sut, parce que vous savez ce qui s'est passé?
Cette satanée bébète s'est envolée, emportant dans son bec un butin. Toute chaude, pleine d'huile, une frite directe de mon bol à son bec, j'en reste coit. (sur le Q qu'on dit aujourd'hui).
"Sale bête, reviens si t'es un homme", je lui crie. Alors ses copines se marrent, évidemment, j'en ferais autant si un pote piquais un bout de poisson faisandé à un goéland qui visiterait la Normandie.
Elle se pose deux mètre plus haut. La coquine. Je ne tenterai pas de l'amadouer à la John of the Fountain, je ne connais pas toutes les paroles en anglais.
Alors je retourne, méfiant, à mon assiette, sentant bien que tout ça a enhardi ses copines.
Et croyez moi ou pas, mais elle est revenu avec la frite qu'elle m'avait piquée pour la tremper dans la mayonnaise!
Espèce de mauviette, la prochaine fois c'est toi dans l'assiette...
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"Elle a votre assiette a l'oeil"
11:35 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
Alors là, le texte sur la mouette : EXCELLENT! Super bien écrit!
Mais faudrait pas que les mouettes Melbourniennes, en visitant la Normandie, se mettent à imiter la tradition de leur CON-soeurs normandes. A savoir : postées en bande sur le toît de votre immeuble et beuglant (si si les goelands normands ça beugle, forcement) "A moi! A moi! A moi..." juste à l'embouchure de la colonne d'air, destinée à distribuer un air pur sain et vivifiant dans votre salle de bain.
Deux étages plus bas, l'effet est saisissant : on dirait un troupeau de babouins en rut, qui vient mettre fin à votre trop courte nuit!
Quid des autres bestioles dans ton bled?
Moi ce matin le sacristain du village a déploré le meurtre de la grosse poule grise de Mame Machin. C'est le chien noir qui l'a tuée. Et pour prouver ses dires il a étendu respectueusement le cadavre de la pauvrette sur le mur de Mame Machin, qui assise gentiment sur sa chaise en plein soleil, n'en avait rien, mais alors là, rien à carrer! Ah le flegme Corse...
Pour sûr s'eût été plus grave si la poule avait buté le chien : Un chien ça peut servir à la chasse, t'imagines la perte?
A quand les kangourous?
Et toi boulot, tu fais qwa?
A bientôt!
Nath et demi
Ecrit par : Nath et demi | 24.06.2009
Répondre à ce commentaireoiseau à la grise robe,
Dans l'enfer des villes,
A mon regard, tu te derobe.
Tu es vraiment le plus agile.
C est arrive pres de chez... C est arrive a Thibault avec la CON-soeurs Mouette
Mouette
Oiseau a la blanche robe
Dans l enfer des littoraux
A la table de tibo tu te derobe
avec une fritte comme butin
je te tire mon chapeau
ca pas du etre facile putain
pas bcp d inspiration desole je ne pretend pas non plus avoir le talent de Benoit
Ecrit par : Simon | 26.06.2009
Répondre à ce commentaireDe la Corse à l'Australie en passant par la Finlande et même la Normandie, tous différents, tous bruyants nos amis les zoizeaux; heureusement ici les Kangourous sont moins dangereux que les chiens corses et les seules poules que j'ai vu ici sentent bon et ont des talons.
Bonjour à tous, et au demi en priorité, Nath ;-)
Bizz
ThV
Ecrit par : Thibault-V. | 29.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Michel Klaxon | 04.07.2009
Répondre à ce commentaireMême avec des talonnettes je ne lui arrive pas à la cheville à Pierrot.
Ecrit par : Thibault-V. | 08.07.2009
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